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''Ce sera une cérémonie qui va toucher le monde entier, une cérémonie pour toucher l'humain'', Khady Niang, Directrice de Cérémonies JOJ Dakar 2026
- Author, Abdou Aziz Diedhiou
- Role, BBC News Afrique
- Author, Babacar Ndao Faye
- Author, Laté Wodi Lawson
- Published
- Temps de lecture: 8 min
À quelques heures de l'ouverture officielle des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, Khady Niang, directrice des cérémonies au sein du comité d'organisation, explique à BBC News Afrique ce que représentent ces Jeux pour le Sénégal et pour le continent africain, qui accueille pour la première fois un événement olympique.
Sans dévoiler le contenu du spectacle réservé aux spectateurs et téléspectateurs du monde entier, elle promet « une cérémonie qui va toucher le monde, une cérémonie pour toucher l'humain » et qui donnera au public international « l'envie d'en savoir plus sur l'Afrique ».
Le défi de l'organisation
''L'Afrique accueille, Dakar célèbre'' c'est le slogan des jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.
Alors que la cérémonie d'ouverture est prévue pour ce samedi 31 octobre 2026, la fièvre monte dans la capitale sénégalaise mais surtout au sein du comité qui est au cœur de l'organisation.
En tant que directrice de cérémonies au sein du comité d'organisation, Khady Niang fait partie de celles et ceux qui vivent de l'intérieur le stress, la fièvre, la montée de l'adrénaline à l'approche du Jour J.
''Ma journée commence très tôt le matin vers 07 h 00 et ça finit très tard le soir'' indique la jeune dame. « Je profite du calme pour répondre à tous les e-mails, à partir de 9 heures, les réunions s'enchaînent. »
Il y a aussi les visites des sites de compétition dans son agenda. Tout doit être prêt le jour J pour que la fête soit belle et que les jeunes talents brillent pendant les deux semaines de compétition dans leurs disciplines respectives.
« J'ai beaucoup de réunions avec les institutions parce qu'il est question de l'image du pays. En matière de cérémonies, nous travaillons en étroite collaboration avec les institutions et avec le CIO », précise la directrice des cérémonies.
Ses journées se terminent souvent par des séances de briefing avec Ibrahima Wade, coordonnateur général du Comité d'organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ Dakar 2026).
Alors que l'Afrique accueille pour la première fois cet événement, Khady Niang mesure pleinement la responsabilité qui pèse sur les épaules du comité d'organisation.
« Nous sommes dans l'événementiel. Il y a du stress, des larmes, des doutes. Mais il y a surtout une envie de réussir et la conviction que nous allons y parvenir », affirme-t-elle.
Interrogée sur ce qui attend les spectateurs et téléspectateurs lors de la cérémonie d'ouverture, elle promet « la plus belle cérémonie olympique qui ait jamais eu lieu ».
« Ce sera la plus belle cérémonie olympique, je pèse mes mots », insiste-t-elle.
« L'Afrique a beaucoup à dire parce que ce sera une cérémonie qui va toucher le monde entier. C'est une cérémonie pour toucher l'humain », poursuit Khady Niang. « Ce n'est pas une cérémonie destinée à en mettre plein les yeux, ni une cérémonie déjà vue ou bling-bling. C'est une cérémonie pour nous raconter, pour raconter notre histoire au monde, pour toucher le monde, l'accueillir et lui montrer qui nous sommes. »
À ses yeux, ce premier événement olympique organisé sur le sol africain constitue « une occasion unique de nous raconter et de montrer au monde que l'Afrique a un nouveau visage, celui d'une jeunesse dynamique ».
« Nous avons des valeurs extraordinaires : la Téranga (hospitalité), le Jom (honneur), le Fulla (fierté) et le Fayda (dignité). Nous allons montrer au monde qui nous sommes, d'où nous venons, ce que nous sommes et où nous voulons aller », conclut-elle, estimant que cette fonction représente à la fois un « honneur », un « défi » et une « responsabilité ».
Un parcours professionnel qui force le respect
Khady Niang, directrice des cérémonies, est une habituée du monde du spectacle. Elle compte près de 17 ans de carrière professionnelle dans ce secteur.
« J'ai effectivement un parcours assez atypique, à la croisée de l'artistique et de la gestion de projet », explique celle qui a d'abord suivi des études en expertise comptable avant de travailler dans la publicité et l'événementiel, puis de s'orienter vers le domaine artistique, notamment le maquillage professionnel.
D'abord autoentrepreneure, elle a fondé l'African Makeup Academy, présentée comme la première école de maquillage du Sénégal, puis l'African Beauty Agency, une agence regroupant des maquilleurs et coiffeurs professionnels intervenant dans le cinéma, la mode et le spectacle vivant.
« J'ai pu bâtir une certaine crédibilité. C'est donc tout naturellement que j'ai été associée à ce projet, parce que cette crédibilité existait déjà », explique-t-elle.
Une reconnaissance acquise au fil d'une carrière durant laquelle elle a collaboré, comme maquilleuse puis comme organisatrice d'événements, avec de nombreux créateurs, artistes et cinéastes africains de renom.
« Cette expérience m'a justement permis de définir la stratégie de ce projet de cérémonie et de la mettre en œuvre aujourd'hui », conclut-elle.
Un message aux jeunes filles sénégalaises et africaines
Très engagée sur les questions d'inclusion et d'autonomisation des femmes pendant des années, elle a lancé un message à l'endroit des jeunes filles sénégalaises et africaines. ''Il n'y a plus de plafond de verre''. ''Le monde est fait de telle sorte qu'il n'y a plus de limite pour elles''.
''Il n'y a plus de limite en termes de quête de connaissance, en termes de quête d'égalité des droits par rapport aux jeunes garçons'', évoquant l'exemple de la marche des 100 Linguères qui a été organisée pour accueillir la flamme olympique au Sénégal.
''C'était 100 femmes sénégalaises de différents horizons de différents âges, mais c'était surtout une source d'inspiration pour la future génération de femmes africaines''.
''J'aimerais dire à ces jeunes filles africaines, que le monde est à leurs pieds en réalité et que tous les horizons leur sont ouverts''.
Des icones comme références
Dans son ascension professionnelle jusqu'à ce poste clé, à la tête des cérémonies des JOJ Dakar 2026, Khady Niang n'oublie pas celles et ceux qui ont accompagné ses premiers pas dans le monde professionnel.
Elle évoque notamment un « grand frère », stratège et financier, qui lui a très tôt appris l'importance d'une vision à long terme et l'a aidée à poser les bases de sa carrière. Elle cite également la styliste Adama Paris, qui lui a ouvert les portes de l'univers de la mode.
« Je ne l'oublierai jamais. Après mes études et mon parcours professionnel en France, je suis arrivée au Sénégal le 30 juin 2009. Quelques jours plus tard se tenait la Dakar Fashion Week. C'était ma première expérience et elle m'a immédiatement prise par la main. Elle m'a accompagnée et ne l'a jamais lâchée », raconte-t-elle.
Le cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, réalisateur de Timbuktu, l'un des films africains les plus primés, a également marqué son parcours.
« Le film Timbuktu a été un tournant dans ma carrière dans le cinéma », affirme-t-elle.
Enfin, Youssou Ndour lui a ouvert les portes de la télévision en lui confiant le poste de première cheffe maquilleuse de la TFM. Il lui a également renouvelé sa confiance lors de son spectacle Birima, présenté en 2023 au Théâtre du Châtelet à Paris, où elle dirigeait les équipes de maquillage et de coiffure.
À quelques heures de l'ouverture officielle des JOJ Dakar 2026, Khady Niang promet une cérémonie unique. « Le souvenir que chaque spectateur devra garder de cette cérémonie, c'est vraiment de se dire : "Waouh !" », confie-t-elle.