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Attaques armées à Ménaka, au Mali : Ce que l'on sait du massacre de plus de 40 civils
Plus de 40 civils ont été tués dimanche 18 octobre dernier dans la localité de Tagadayat, près de Tinabow, dans la région de Ménaka, au nord-est du Mali. Selon plusieurs sources locales et sécuritaires rapportées lundi par l'AFP, les attaques ont été perpétrées par des hommes armés à bord de motos.
Ces attaques sanglantes, selon les sources citées par l'AFP, ont visé plusieurs campements appartenant majoritairement occupés par la communauté Daoussahak, dont est issu le mouvement armé "Mouvement pour le salut de l'Azawad" (MSA), dit proche du pouvoir à Bamako.
Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak a attribué ces attaques à l'organisation État islamique (EIS), selon un communiqué publié lundi, a indiqué l'AFP.
D'après une source sécuritaire basée à Gao interrogée par l'AFP, la tuerie est intervenue "en représailles à des opérations militaires menées dans la zone récemment et à des attaques de la part du MSA".
"Selon les informations qui nous parviennent, il y a eu une quarantaine de morts, majoritairement des hommes", a ajouté cette source qui a révélé que la résidence à Ménaka du chef du MSA, Moussa Ag Acharatoumane, également membre du Conseil national de transition (CNT - organe législatif des militaires au pouvoir au Mali) a "été également ciblée à Ménaka, sans faire de victimes".
"Des hommes armés ont fait irruption dans plusieurs campements à 50 km de la ville de Ménaka. Ils ont tiré sur tout ce qui bouge. Il y a eu 50 civils tués dont des jeunes et des personnes âgées", a confié lundi à l'AFP une autre source sécuritaire.
Ces attaques ont occasionné plusieurs déplacements de populations civils, selon les témoignages recueillis par l'AFP.
"Aujourd'hui (lundi) encore, les gens continuent d'arriver à Ménaka...", a ajouté cette source.
Un élu local a confirmé à l'AFP ce lourd bilan, faisant état de "plus de 50 morts dont des femmes et des vieillards", évoquant aussi un déplacement important de population vers la ville de Ménaka.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Selon une source locale à Tinabow interrogée par l'AFP, "plusieurs dizaines de motos sont soudainement arrivées et ont commencé à tirer et à mettre le feu aux habitations" dimanche dans la soirée.
"Ils (les assaillants) n'ont adressé la parole à personne, ils ont juste commencé à tuer. J'ai vu des dizaines de corps", a poursuivi cette source.
Selon le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak, au moins "48 civils ont été tués le dimanche 18 octobre 2026 dans la localité de Tagadayat".
Dans son communiqué, l'organisation dénonce le "massacre" de "populations civiles sans défense" mené par des assaillants "arrivés à bord de plusieurs motos".
Cette organisation lance aussi un appel à de l'aide humanitaire d'urgence pour les déplacés.
Dans son édition du journal télévisé du lundi 19 octobre, la télévision nationale du Mali (ORTM) a lu un communiqué de l'armée malienne affirmant avoir mené samedi des opérations dans la même zone, à 65 km au sud-ouest de la ville de Ménaka.
"L'Etat-major général des armées informe l'opinion nationale que les forces armées maliennes appuyées par leurs partenaires poursuivent les opérations permanentes de surveillance, de contrôle et de sécurisation du territoire national, dans le cadre de l'opération Dougoukoloko, le samedi 17 octobre 2026", a indiqué la présentatrice.
"L'exploitation de renseignements précis a permis de localiser à 65 km au sud-est de la ville de Menaka une importante base abritant plusieurs éléments terroristes ainsi que du matériel de guerre et de logistique. Après confirmation des renseignements recueillis et appréciation de la situation, le site a été ciblé et frappé avec succès", a poursuivi la journaliste.
Pour terminer, la présentatrice a souligné que "le dimanche 18 octobre 2026, à 35 km au sud-ouest de la ville de Douentza, un point de concentration de groupes armés terroristes disposant de matériels de guerre et motocyclettes a été localisé", et qu'après "une phase d'observation et d'analyse, la position a fait l'objet de plusieurs frappes de précision".
Le gouvernement malien n'a toutefois pas fait de communication officielle spécifique concernant le massacre de plus de 40 civils le dimanche 18 octobre 2026 dans la région de Ménaka.
Le Mali fait face à une profonde crise sécuritaire nourrie notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique (EI) depuis 2012, ainsi que de groupes criminels communautaires et de mouvements indépendantistes de Touaregs.